2005 Là où tout a commencé

Futurités 2006

Futurités 2006 que nous avons gagné ! J’avais été opérée pour la rate l’hiver précédent, mon PTI était sous contrôle. Me voilà donc toute souriante en août 2006 avec Panthère. Sournoisement le cancer débutait sans que je ne m’en aperçoive et j’avais commencé à maigrir. Panthère avait deux ans, était entier et s’amusait bien avec la foule tout autour.

Je vivais avec mon conjoint, en amour. Nous avions des projets à ce moment de faire une ferme d’élevage de chevaux; nous avions aussi nos emplois respectifs.

J’avais commencé à ressentir quelques fatigues et soudain des bleus sont apparus sur mon corps. Je me demandais bien d’où ces bleus provenaient-ils ? Ma grand-mère faisait souvent des bleus donc je me suis dit; voilà ! Tu es comme ta grand-mère.

Mais en quelques semaines, les bleus ont envahi mon corps. En début 2005,  je fut donc admise à l’hôpital et on découvrit un PTI (Purpura thrombocytophenique idiomatique).  L’état d’urgence fut installé; j’ai reçu des doses monstres de cortisone, des transfusions et je suis restée plus de 17 jours à l’hôpital. Le PTI est une maladie auto-immune où les anticorps reçoivent le message de manger les plaquettes. Donc à mon arrivée, il ne me restait que 1000 plaquettes alors que normalement j’aurais dû en avoir 100 000 !!!

Tout mon système sanguin risquait d’exploser et j’aurais pu alors mourir ainsi. Le médecin m’a alors dit: si tu passes les prochains 48 heures, alors tu pourras t’en sortir. Comment croyez-vous que je me suis sentie ? Une frayeur incroyable s’est alors emparée de moi et j’ai téléphoné au notaire pour refaire mon testament.  Je ne pouvais pas marcher car, si je me cognais la tête à une porte, je risquais l’hémorragie cérébrale, mais je me suis mise à engueuler le bon Dieu, à appeler ma grand-mère, à prier.

Puis j’ai regarder à la télévision une compétition de saut d’obstacles; je me suis donc inspiré fortement de l’énergie des chevaux, de cette détermination à vaincre. à tous les jours, je me fermais les yeux et je revoyais cette compétition, je me mettais à monter à cheval et à sauter ces obstacles tout en continuant mes prières.

Mais grâce à la médecine, je fut sauvée et ce fut le début d’un traitement à la cortisone qui dura un an. La cortisone est un puissant anti-inflammatoire dont un des effets secondaires est d’enfler. Je me suis donc mise à enfler, à prendre du poids et à donc prendre un bon 25 livres. Cette période fut donc difficile pour moi car je n’avais plus le contrôle de mon corps que je voyais se déformé sous l’effet de la cortisone.

En 2006, comme le traitement de la cortisone ne fonctionnait pas,  je fut opérée pour une ablation de la rate et tout revint dans l’ordre à partir de là.

La vie était belle à nouveau ! J’ai pu monté ma belle jument Leena, faire quelques compétitions avec elle. De plus, notre cheval Canadien Berthiaume Victor Panthère avait maintenant deux ans donc nous sommes allés faire les futurités du Canadien, dans la classe des deux ans que nous avons gagné !

En automne 2006, je me suis mise à maigrir tout à coup; j’étais bien contente car le traitement à la cortisone m’avait fait enflé. Voilà qu’en octobre 2006, je suis soudainement affligée d’une méningite.  Donc encore quelques jours à la maison. Pendant ce temps je maigrissais toujours…

En décembre 2006, alors que je débourrais Panthère, encore entier à ce moment, j’ai commencé à avoir des douleurs, à être incontinente et devant tant de bizzareries, je commence à consulter les médecins. Consultes et consultes, va voir un et puis un autre.

Le débourrage de Panthère n’allait pas bien; je perdais mes réflexes, j’étais de plus en plus fatiguée. Au travail, il m’arrivait de me coucher par terre dans mon bureau afin de dormir durant ma pause pour le lunch.

En janvier, on décide de ramener Panthère à la maison et je continue à consulter les médecins sans réponse réelle. Et je maigrit toujours, j’ai des douleurs à l’abdomen, dans la région du pelvis et personne ne comprend ce qui se passe. Les médecins consultés me regardent comme si j’étais une malade imaginaire. Je perd donc confiance en moi et donc, je consulte de moins en moins, n’osant plus parler de ces douleurs étranges, de cette incontinence qui m’affecte. Certains médecins avancent que ce sont là les effets secondaires de la méningite et que tout se replacera avec le temps.

Finalement, vers la fin de février 2007, alors que je prenais un jour de congé, une grande douleur me plie en deux le matin. Incapable de me lever, de m’habiller, je souffre énormément. Je demande à mon conjoint d’appeler une ambulance et nous voilà donc partis pour l’hôpital. Sur le chemin, chaque bosse m’arrache des cris et des souffrances incroyables. J’ai attendu environ 5 heures, sur une civière. La douleur était telle que j’ai pensé à une appendicite.

Le médecin arrive enfin, m’ausculte, me tâte l’abdomen et en faisant un examen gynécologique, il mentionne que c’est chaud et qu’il y a beaucoup d’inflammation. Il m’envoie au scanner et j’attend les résultats.  Le médecin revient et il a un air sombre. Il me regarde et me dit: Madame, vous avez un cancer des ovaires. Il faut faire vite et vous opérer. Mais vous avez aussi une pneumonie donc nous allons vous garder pour la nuit et nous ferons d’autres examens demain.

Le plafond me tombait sur la tête. Du coup ma vie s’est arrêtés. Le cancer. Mon Dieu j’ai 47 ans et ma vie est déjà terminée ! En deux ans, voilà que l’on m’annonce une deuxième fois que je risque de mourir ! C’était plus qu’un humain pouvait supporter. Un rire m’a prise et je me suis dit: allez-y ! Frapper moi encore, j’ai pas les épaules si larges que ça ! Peux-t’on cesser de me terroriser !

La nuit qui a suivi fut terriblement souffrante; l’infirmière m’annonce que la seule médication prescrite sont des tylenol. Le lendemain matin, j’attendais le médecin et j’étais enragée ! J’apprend de sa bouche que la morphine m’avait été prescrite et il ne comprend pas pourquoi l’infirmière ne m’en avait pas donné. Ce jour-là j’ai réellement pensé que les vols de médicaments dans les hôpitaux peuvent exister et que ma morphine est probablement allée ailleurs.

Pendant ce temps, mon père qui est médecin fait des pieds et des mains pour me sortir de cet hôpital. Finalement, je suis transférée à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal et j’ai un rendez-vous avec le docteur Pichet, gynécoloque en chef du département. Une suite d’examen confirme ma pneumonie donc je suis donc renvoyée à la maison avec des doses massives d’antibiotiques et de la morphine.

Je fut donc opérée quelques jours après; j’ai subit l’ablation des ovaires, l’utérus, l’appendice et ils ont oté certaines tumeurs dont une importante à la vessie (responsable de mon incontinence), il ont gratté un peu mais ils n’ont pas pu tout enlever.

J’ai l’ordre de rester tranquille à la maison durant deux mois; on était alors le 7 mars 2007. Le médecin me dit de ne pas m’approcher des chevaux, de ne pas monter à cheval avant deux mois. J’ai fait ce qu’il m’a demandé mais le 7 mai 2007, j’étais à cheval !

Environ 1 semaine après mon opération, je rencontre mon oncologue, Le Dr. Sarkis Santikian. D’un air très sombre il m’annonce que je reviens de loin, que j’ai environ 40% de chance d’avoir une rémission, que mes chances de survie sont très minces.

Mon conjoint Yves et moi-même sommes tout simplement dévastés. Il n’y a pas de mot pouvant décrire réellement dans quel état nous nous trouvons. Il n’y a en fait, rien à dire. Nous retournons donc à la maison avec cette sombre nouvelle, les larmes aux yeux, dans le plus profond des silences.

Mes traitements de chimiothérapie sont prévus pour la semaine suivante et alors commence le long chemin de la survie, des traitements, de la souffrances, des effets secondaires.

Aussi commence une nouvelle vie pour moi; vivre avec le cancer.

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Un avis sur « 2005 Là où tout a commencé »

  1. Wow…Quel témoignage de courage et de force!! Tu as bien fait de l’écrire..souvent on a tendance à baisser les bras devant les épreuves mais celles-ci (aussi dures soient elles) nous rendre plus forte!! Lâche pas!!!

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