2010 On retourne en chimio

L’année 2010 débute de la même manière que 2009 se termine; en congé de chimio mais sous surveillance mensuelle de mon oncologue. Durant cette nouvelle accalmie, je fais en quelque sorte un examen sur mon parcours, sur cette aventure et cette bataille. Je réalise comment j’ai gardé le cap, la même discipline malgré les problèmes, les embûches causées par le cancer et les traitements.

Malgré toutes les émotions engendrées par cette maladie, je n’ai jamais changé mes plans. Les choses prenaient plus de temps mais quand je regarde derriere moi, je suis étonnée de voir comment j’ai mené ma barque.

J’ai un profond besoin d’en parler. La pire chose dans la maladie est l’isolement et je ne souhaite pas demeurer isolée dans mon coin; sentant que j’ai des choses à dire, des conseils à donner, de l’espoir à apporter..La vie n’est pas fini quand on a un cancer ! Loin de là !

En mai 2010. je démarre donc un sujet sur le forum de Chronicles of the Horse dans la toute nouvelle section dédiée aux cavaliers ayant des maladies, Equestrian with disabilities. Je démarre donc le sujet suivant:  Comme il ne faut pas changer nos plans lorsque l’on est malade:

http://www.chronofhorse.com/forum/showthread.php?259284-Update-on-me-tells-me-don-t-ever-changed-your-plan-!

J’écris et je décris ma maladie et surtout comment je fais pour monter à cheval malgré tout, mes trucs, mes découvertes. Le sujet est encore actif, deux ans plus tard. J’ai eu un impact majeur sur la communauté équestre, plus de 100 000 personnes auront lu mon sujet, se seront préoccupés de savoir comment je gérais ma vie avec les chevaux.

En brisant mon isolement, en créant ce sujet de forum, il me semblait alors que l’aventure continuait et le fait de devoir écrire a renforci ma discipline de vie.

En mai 2010, le feu reprend aussi et mon médecin me propose du Taxol pure cette fois-ci.

Je sais que je vais perdre mes cheveux à nouveau, qu’il y a aussi un risque d’augmenter la perte de sensibilité aux doigts et aux pieds. Ma formule sanguine est bonne donc je décide de foncer..et de souffrir à nouveau.

Les dose de Taxol ne sont pas aussi fortes que la première fois et bizarrement, je n’angoisse pas trop car je connais le produit, j’ai connu pire. C’est sur que ça me dérange, que la perspective de retourner en chimio ne me plaît pas du tout. J’entrevoit déjà la douleur des effets secondaires. Mais je choisit d’y retrouner, de recommencer.  Même ma perte de cheveux ne me dérangent pas autant. J’ai accepté l’inacceptable.

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Il est clair que l’on ne parle plus de rémission. On parle de chimio de confort, on vise d’augmenter ma survie.

J’ai toujours gardé la force de vivre, le sourire malgré les épreuves. Les chevaux ont partagé avec moi et dans leur grande bonté furent des alliés inconditionnels.

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Les traitements dureront de mars à octobre et vont cesser car le risque de toxicité augmente et je courre le risque de paralyser.  Octobre marque donc la fin du traitement au Taxol; mon médecin me propose alors la chimio en pilules, le VP 16.

Les traitements au VP 16 dureront jusqu’en décembre, là où on constate que le CA125 ne montre aucun signe de baisse, mais plutôt monte drastiquement.

Le 13 décembre marque donc la fin des traitements de chimio.

Mon oncologue me serre la main et, en me regardant dans les yeux, me souhaite bonne chance. Je retourne à la maison avec mon petit bonheur.

C’est terrible de vivre un échec. Tout au long de ces années, j’ai combattu, je me suis concentrée à affronter l’adversaire, à le défier. Ma formule sanguine n’a jamais cassé, je n’ai jamais eu de complications, tout au juste 2 à 3 mois d’anémie. Je suis allée au Centre de recherche en cancer gynécologique à Montréal, j’ai rencontré les meilleurs oncologues du pays; j’ai demandé à participer aux programmes de recherche, à être cobaye. Mais pour le cancer de l’ovaire, il n’y avait rien. Qui plus est, le carcinome périténoal qui s’est lentement développé dans la région de ma rate est situé trop en profondeur. Le risque associé à une opération serait trop grand.

Au début de l’aventure, du diagnostic en 2007, mon oncologue m’avait prévenue que je partais de loin, que les chances de rémission était de 40%. J’ai donc combattu avec ce 40%. Je suis maintenant à 0%.

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Je retourne chez moi avec tellement peu d’information sur la suite des évènements. Mon conjoint me regarde en silence; comment vit-il avec l’ennemi invisible ? Au départ, sachant combien les gens malades deviennent isolés, je lui avait donné le choix entre continuer avec moi ou partir. Je savais que ce serait difficile pour lui, que tout serait difficile. Il a choisit de rester à mes côtés et de m’appuyer. Yves est très fort et très généreux. Je l’aime pour tout ce qu’il est.

Qu’est-ce qui s’en vient ?

Je me dit: C’est pas le temps de penser à cela; c’est Noël et j’entend fêter, boire du vin, moi qui ne peux jamais en prendre…On pensera à tout cela l’an prochain.

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