2011 me voilà aux soins palliatifs

Je n’avais plus de solutions au niveau des chimios donc je suis à la maison avec une peu de morphine et je me questionne sur comment je vais gérer ma douleur, qu’est-ce qui va m’arriver ?

Je planifie aussi de faire des voyages pour aller voir des amis avant de disparaître de cette terre.

En mars, je rencontre donc le médecin aux soins palliatifs qui va me soutenir et m’aider dans ma médication. Je me voyais mal jouer avec la morphine toute seule. Le médecin m’équipe donc avec des médicaments pour les douleurs neuropathiques et de la morphine à action longue, la morphine à action courte, les médicaments pour éventuellement des douleurs aux intestins.

Je me prépare donc à garder une certaine qualité de vie tout em me préparant à vivre mes derniers instants. Je fais aussi mes pré arrangements funéraires.

Quelle esprit morbide ! C’est pas drôle du tout !

Je décide de partir à Vancouver pour 2 jours, voir mon amie Roxane avec laquelle on avait fait de la recherche sur le Cheval Canadien. J’ai donc passé deux jours merveilleux avec elle mais voilà que dans le voyage de retour, je me sens pas bien, j’ai des frissons incontrôlables.

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J’ai attrapé un virus sur l’avion et me voilà de retour chez nous avec 102F de fièvre, je claque des dents, je frissonne, j’ai pas envie de manger. Mon pauvre système immunitaire n’a pas résisté aux différentes bactéries et virus qui se promène hors de mon environnement habituel. Donc quelques jours aux antibiotiques me guérissent de cette attaque mais mes projets de voyager sont annullés.

Je dois donc demeurer chez moi et envisager de ne pas aller ailleurs car mon système immunitaire est trop faible.

En juillet, on augmente les doses de médication pour les douleurs neuropathiques et, à la fin de juillet, je me met à vomir mes repas. On suspecte une occlusion intestinale, je vomit toujours et en août, ce sont tous mes repas qui prendront le chemin des toilettes.

30 juillet 2011

En juillet, ma mère s’est éteinte. Elle a souffert de la sclérose en plaques toute sa vie donc son décès fut une libération même si son départ m’a profondément affecté. Sa vie, son combat et sa force m’ont énormément influencé et probablement la raison principale de mon attitude envers la vie vienne d’elle. Elle fut une source d’inspiration pour moi. Je n’ai jamais pu voir ma mère autant que je l’aurais voulu; dorénavant, elle est avec moi et je partage avec elle chaque instant.

Je maigris donc beaucoup durant cette période et je n’ai plus le goût de manger.

Finalement, un soir, je réalise que c’est la médication qui est probablement responsable de mes nausées et vomissements.

À compter de ce moment, on réajuste la médication et me voilà tout à fait fonctionnelle. Mis à part la fatigue provoquée par d’une part les médicaments et d’autre part par le cancer, je fais mes journées comme pratiquement une personne normale. Mais je dois apprendre à me reposer ce qui est quelque chose de difficile pour moi à mettre en application.

18 sept 2011

Les douleurs augmentent lentement et on devra constamment ajuster la médication depuis ce temps et encore aujourd’hui. La douleur vient principalement de mon carcinome, installé dans la zone splénique soit dans la région de mon ancienne rate.  J’ai aussi des douleurs à mon épaule gauche qui m’annonce toujours une période de crise. Mais c’est la fatigue qui me hante toujours. Je comprend pourquoi certains vont recourir à des drogues stimulantes car cette fatigue est différente de la fatigue normale. On est comme endormi sans toutefois avoir besoin de se reposer. C’est une fatigue très étrange.

Je m’oblige à bouger et à monter à cheval malgré tout. Quand je monte à cheval, les douleurs disparaissent durant un moment et je reçois l’énergie du cheval, je me laisse porter par celle-ci. J’ai donc réussi le pari de monter sans effort, après toutes mes années de réflexion, de travail à corriger mon équitation et surtout avancer dans ma pensée.

Quand je regarde derrière moi tout ce que j’ai accompli malgré l’épreuve de cette maladie terrible, je suis fière de ne jamais avoir changer mes plans. Je suis contente de savourer les résultats de m’être imposé cette discipline.

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